Bien-être & prévention · Comprendre le cheval

Les besoins fondamentaux du cheval : ce dont il a vraiment besoin pour bien vivre

Un cheval bien nourri et sans blessure n'est pas forcément un cheval dont tous les besoins sont satisfaits. Son bien-être dépend aussi de sa possibilité de bouger, de vivre avec des congénères, de se reposer et d'exprimer des comportements naturels.

Les bases

Le bien-être, ce n'est pas seulement l'absence de maladie

On peut donner les meilleurs compléments du monde à un cheval et pourtant passer à côté de quelque chose d'essentiel. Le bien-être ne se résume pas à l'absence de blessure ou au contenu de la mangeoire. Il dépend aussi de la possibilité pour le cheval de vivre d'une façon compatible avec son espèce.

1. Manger comme un cheval

Le cheval est un herbivore fait pour consommer principalement des fourrages et passer une grande partie de sa journée à chercher, saisir et mâcher sa nourriture. L'herbe et le foin ne sont donc pas de simples accompagnements : ils constituent la base de son alimentation.

Les longues périodes sans rien à manger sont à éviter autant que possible. Le fourrage participe au bon fonctionnement digestif, occupe le cheval et répond à son besoin naturel de mastication.

2. Pouvoir bouger librement

Un cheval se déplace beaucoup lorsqu'il en a la possibilité, souvent tranquillement, pour manger, boire, rejoindre les autres ou choisir un endroit de repos. Une séance de travail ne remplace pas complètement cette liberté de mouvement.

Pré, paddock, piste ou autre organisation : la solution peut varier. Ce qui compte, c'est que le cheval puisse réellement marcher, changer d'endroit et ne pas passer l'essentiel de sa journée immobile.

3. Vivre au contact de congénères

Le cheval est un animal social. Les contacts avec d'autres chevaux lui permettent de communiquer, se rassurer, jouer, se reposer à proximité du groupe et entretenir des relations sociales.

L'humain peut compter énormément pour lui, mais il ne remplace pas totalement un congénère. Lorsque la vie en groupe n'est pas possible, la possibilité de voir, sentir et toucher d'autres chevaux devient particulièrement importante.

4. Avoir accès à de l'eau propre

L'eau doit être disponible en permanence et son accès doit être vérifié chaque jour. Un abreuvoir présent ne suffit pas s'il est vide, gelé, sale ou si un cheval dominé n'ose pas l'approcher.

5. Pouvoir se protéger du climat

Le cheval doit pouvoir chercher de l'ombre, se protéger d'un vent désagréable ou d'intempéries et choisir l'endroit où il se sent le mieux. Un abri peut être construit ou naturel, à condition d'être réellement utilisable par les chevaux qui partagent l'espace.

6. Pouvoir se reposer et se coucher

Les chevaux dorment aussi couchés. Pour le faire, ils doivent disposer d'une zone suffisamment confortable et surtout se sentir en sécurité. Dans un groupe, l'espace doit permettre à chacun d'accéder au repos, y compris aux individus moins hauts dans la hiérarchie.

7. Être en bonne santé, sans oublier le confort mental

Prévenir et traiter la douleur, entretenir les pieds et les dents, surveiller l'état corporel, les parasites, les blessures et les signes de maladie font évidemment partie du bien-être. Mais un cheval physiquement sain peut aussi être en difficulté si son environnement l'empêche durablement d'exprimer ses comportements naturels.

8. Pouvoir faire des choix

Choisir de se mettre au soleil ou à l'ombre, de s'éloigner ou de rejoindre un congénère, de marcher, de se reposer ou d'explorer son environnement paraît banal. Pourtant, cette possibilité de choix compte beaucoup dans la qualité de vie d'un animal.

Et le box dans tout ça ?

Le débat n'a pas besoin d'être réduit à « box contre prairie ». Ce qui compte est de regarder l'ensemble du mode de vie. Un cheval hébergé au box doit notamment bénéficier de sorties suffisantes, de mouvement libre, de contacts sociaux, de fourrage adapté et de possibilités de repos. À l'inverse, vivre dehors ne garantit pas automatiquement le bien-être si l'eau manque, si l'alimentation est insuffisante, si le terrain ne permet pas de se reposer ou si un cheval est isolé.

Une question simple à se poser

Plutôt que de chercher le mode d'hébergement parfait, on peut regarder son cheval et se demander :

  • peut-il manger suffisamment et régulièrement ?
  • a-t-il toujours accès à une eau propre ?
  • peut-il se déplacer librement chaque jour ?
  • peut-il avoir de vrais contacts avec d'autres chevaux ?
  • peut-il se coucher et se reposer en sécurité ?
  • peut-il se protéger des conditions météo qui le gênent ?
  • est-il observé régulièrement pour repérer rapidement douleur, blessure ou maladie ?
  • peut-il exprimer une bonne partie des comportements normaux de son espèce ?

Le bien-être d'un cheval ne consiste donc pas seulement à lui éviter ce qui est mauvais. Il faut aussi lui permettre d'avoir accès à ce qui est important pour lui.

Pour aller plus loin

Les principes présentés ici s'appuient notamment sur les ressources de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) concernant l'évaluation du bien-être, l'alimentation, le mouvement et les contacts sociaux des équidés.

Comprendre et évaluer le bien-être des équidés - IFCE

Les besoins alimentaires du cheval - IFCE

Protocole Cheval Bien-Être - IFCE

Cette rubrique a un objectif de sensibilisation et d'information. Elle ne remplace pas l'avis d'un vétérinaire ou d'un autre professionnel compétent lorsqu'un cheval présente un problème de santé ou de comportement.

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